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Diesel russe : l’accord Trump-Poutine ravive la crise avec Kiev et divise les alliés

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Image accompagnant « Trump’s Diesel Deal with Putin Is a Gross Abuse of Power ».

L’accord sur le diesel russe annoncé par Donald Trump provoque une nouvelle confrontation avec Volodymyr Zelensky et le rejet de Berlin. Washington invoque la baisse des prix des carburants, mais les bénéfices économiques restent contestés et des sénateurs des deux partis mettent en cause la légalité des importations. [S2] [S4] [S5] [S6]

L’accord conclu entre Donald Trump et Vladimir Poutine sur le diesel russe ouvre une nouvelle crise autour du soutien à l’Ukraine. Annoncée vendredi 9 octobre, l’opération doit, selon le président américain, approvisionner les marchés pour faire baisser les prix des carburants. Elle suscite toutefois trois contestations liées : Kiev dénonce une décision favorable à Moscou, Berlin refuse de suivre cette voie et des parlementaires américains en contestent la légalité. [S2] [S4] [S5]

Un objectif énergétique, un coût diplomatique

Selon l’annonce de Donald Trump rapportée par CNN, Vladimir Poutine s’est engagé à fournir immédiatement plus de 300 000 tonnes de diesel aux marchés mondiaux, puis 500 000 tonnes supplémentaires en novembre. Ces volumes correspondent à des engagements annoncés, et non à des livraisons établies par les informations disponibles. La Maison-Blanche cherche ainsi à répondre à la flambée des carburants avant les élections américaines de mi-mandat. [S5]

Dans son analyse pour SRF, Sebastian Ramspeck relie ce rapprochement aux tensions énergétiques aggravées par la guerre contre l’Iran. Il rappelle que Donald Trump a demandé à plusieurs reprises à Volodymyr Zelensky de cesser les attaques contre les raffineries russes. Son interprétation est celle d’un changement de priorité : la recherche de carburant moins cher prend le pas sur la pression économique exercée contre Moscou. Il s’agit d’une lecture politique, et non d’un effet économique déjà mesuré. [S2]

La confrontation avec Kiev est, elle, explicite. D’après SRF, le président ukrainien a qualifié l’accord d’« indigne » et de « décision faible », après quoi Donald Trump a réclamé son remplacement. La chaîne rapporte aussi les réserves de politologues ukrainiens : Oleksiy Koshel juge ces propos imprudents au regard de la dépendance du pays aux armes et au renseignement américains, tandis que Volodymyr Fessenko avertit qu’une crise avec Washington servirait les intérêts de Vladimir Poutine. [S2]

Berlin refuse de suivre Washington

L’Allemagne oppose à cet accord une stratégie de pression accrue. Selon Deutsche Welle, Friedrich Merz a déclaré lundi 12 octobre qu’une telle décision était « hors de question » pour l’Allemagne et l’Europe. Le chancelier appelle à de nouvelles sanctions après les attaques russes contre les infrastructures énergétiques civiles ukrainiennes et réaffirme le soutien allemand à Kiev. Cette déclaration expose la position de Berlin ; elle ne constitue pas, à elle seule, une nouvelle décision collective de l’Union européenne. [S4]

Un autre désaccord porte sur l’annonce américaine d’un arrêt immédiat des attaques russes et ukrainiennes contre leurs installations énergétiques respectives. D’après DW, Volodymyr Zelensky a indiqué avoir découvert cette annonce, tandis que le Kremlin n’avait pas confirmé son entrée en vigueur. Friedrich Merz souligne, de son côté, que Moscou a répondu par des frappes massives. L’existence d’un cessez-le-feu partiel effectivement accepté et appliqué reste donc incertaine. [S4]

Une contestation juridique aux États-Unis

La fracture traverse également Washington. Dans un communiqué officiel publié le 11 octobre, sept sénateurs, républicains et démocrates, demandent à l’administration de revenir immédiatement sur sa décision. Ils invoquent l’interdiction des importations énergétiques russes adoptée en 2022 et affirment que l’exécutif n’a ni consulté le Congrès ni fourni la justification exigée par la loi. Ces accusations sont celles des signataires : elles ne valent pas décision judiciaire établissant une illégalité. [S6]

L’administration défend une lecture opposée. Interrogé sur Fox News, le secrétaire au Trésor Scott Bessent a soutenu que l’opération relevait des pouvoirs légaux de l’exécutif et servait les intérêts des Américains, rapporte CNN. Le représentant républicain Brian Fitzpatrick entend, pour sa part, provoquer un vote à la Chambre afin de bloquer les achats de pétrole russe. Le débat porte donc autant sur l’autorité présidentielle que sur la politique envers Moscou. [S5]

Des bénéfices économiques encore disputés

Les sources critiques convergent sur le risque d’offrir de nouvelles ressources à la Russie, mais leurs arguments doivent être distingués. SRF insiste sur le gain diplomatique pour Poutine. Dans National Review, Andrew C. McCarthy défend une position éditoriale plus accusatrice, présentant l’accord comme un abus de pouvoir sans bénéfice économique pour les États-Unis. CNN rapporte, séparément, les doutes d’analystes énergétiques sur la capacité des volumes promis à modifier sensiblement les prix mondiaux. [S2] [S3] [S5]

La disponibilité même des quantités annoncées est mise en doute par d’anciens responsables américains cités par CNN. À ce stade, les informations consultées ne permettent donc pas de confirmer une baisse des prix, l’exécution des livraisons promises ou une contrepartie militaire effective. La rupture diplomatique est documentée ; les gains économiques et les effets sur la guerre restent à démontrer. [S4] [S5]

Les sources

  1. SRF News · Diesel-Deal – Wenn Selenski und Trump sich streiten, lacht Putin
  2. National Review · Trump’s Diesel Deal with Putin Is a Gross Abuse of Power
  3. Deutsche Welle — DW · Germany news: Merz says Trump's Russia diesel deal 'out of question' for Europe
  4. CNN · Trump’s US-Russia diesel deal draws bipartisan criticism
  5. Commission des affaires étrangères du Sénat des États-Unis · Ranking Member Shaheen and Six Bipartisan Senators' Statement on Legality of Imports of Russian Diesel Fuel
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