Lycéen éborgné à Tours : un policier mis en examen et interdit de porter un LBD
· Prisme

Un policier a été mis en examen le 13 octobre pour « violences aggravées » après la blessure de Maël, 16 ans, lors d’un blocage lycéen à Tours. Placé sous contrôle judiciaire, il ne peut plus porter ni posséder de LBD. Un second policier est témoin assisté. L’instruction doit préciser les circonstances des tirs et leur conformité aux exigences de nécessité et de proportionnalité. [S1] [S2] [S3]
Un policier a été mis en examen pour « violences aggravées », mardi 13 octobre 2026, après qu’un lycéen a perdu l’usage d’un œil lors d’un blocage à Tours, le 30 septembre. Selon le parquet, il est placé sous contrôle judiciaire avec interdiction de porter et de posséder un lanceur de balle de défense (LBD). Un autre policier a été placé sous le statut de témoin assisté. Ces décisions, rapportées par France 24, franceinfo et Ouest-France, concernent bien la même affaire. [S1] [S2] [S3]
Une blessure grave, une plainte de la famille
Maël, 16 ans, a été blessé après des incidents survenus lors du blocage d’un établissement scolaire à Tours. Franceinfo précise qu’il a perdu l’usage de son œil droit et que sa famille a porté plainte le 4 octobre pour « violences par personne dépositaire de l’autorité publique ». Les examens médico-légaux ont établi que les lésions étaient compatibles avec l’impact d’une balle de LBD, selon la procureure de la République de Tours, Catherine Sorita-Minard. Cette compatibilité médicale est un élément de l’enquête, non une décision définitive sur la responsabilité pénale d’un tireur. [S1] [S2] [S9]
Les articles convergent sur la blessure, la procédure engagée et les statuts distincts des deux policiers. Ils apportent des précisions complémentaires : franceinfo date le dépôt de plainte, tandis que France 24 et Ouest-France détaillent les tirs et les auditions. Cette convergence repose toutefois largement sur une même communication du parquet ; France 24 et franceinfo mentionnent également l’AFP. Elle ne constitue donc pas plusieurs expertises indépendantes des faits. [S1] [S2] [S3]
Deux tirs au cœur des investigations
L’enquête confiée à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) a identifié deux tirs de LBD, effectués par deux policiers à une minute d’intervalle. Selon les éléments du communiqué reproduits par France 24 et Ouest-France, les investigations font apparaître une concordance temporelle entre le premier tir et la blessure à l’œil. Elles soulèvent aussi des interrogations sur le respect des conditions légales d’usage de cette arme. [S1] [S3]
Quatre fonctionnaires ont été entendus en garde à vue le 13 octobre. Les deux policiers ayant tiré ont ensuite été présentés aux juges d’instruction : l’un a été mis en examen, l’autre placé sous le statut de témoin assisté. Plusieurs juges ont été désignés dans le cadre de l’information judiciaire ouverte par la procureure. Celle-ci souligne que la complexité de l’intervention impose de poursuivre les investigations pour éclaircir les circonstances des tirs et de la blessure. [S1] [S3]
Nécessité de l’usage de la force et responsabilité individuelle
Le point central demeure la justification concrète des tirs. Le parquet fait état d’« interrogations persistantes » sur le respect de l’absolue nécessité et de la stricte proportion exigées pour l’usage du LBD. L’enjeu de l’instruction est ainsi d’apprécier les actes des policiers dans les circonstances précises de cette intervention, sans déduire leur légalité du seul contexte de blocage ni leur illégalité de la seule gravité de la blessure. [S1] [S3]
Les sources consultées ne détaillent ni la menace invoquée pour justifier chaque tir, ni les distances, ni les explications des policiers concernés. Elles ne rapportent pas davantage de déclaration de leurs avocats. Ces lacunes empêchent de confronter, à ce stade, une argumentation complète de la défense aux éléments rendus publics par le parquet. Pour Maël, la perte de l’usage de l’œil est rapportée ; l’établissement des responsabilités reste en cours. [S1] [S2] [S3]
Une étape judiciaire, pas une condamnation
La mise en examen ne vaut pas condamnation. Service Public rappelle qu’elle est décidée par un juge d’instruction lorsqu’existent des indices graves ou concordants contre une personne soupçonnée d’infraction. Elle lui ouvre aussi des droits pour se défendre. Le policier mis en examen conserve donc la possibilité de contester les éléments qui lui sont opposés ; la décision annoncée ne tranche pas sa culpabilité. [S9]
L’interdiction de porter et de posséder un LBD constitue, en revanche, une restriction concrète immédiatement annoncée dans cette affaire. Les articles ne font pas état d’une suspension professionnelle : il ne faut pas confondre ces deux mesures. La suite de l’instruction doit permettre de préciser le lien entre les tirs et la blessure, leurs conditions d’exécution et les responsabilités individuelles éventuelles. [S1] [S2] [S3]
Les sources
- France 24 · Lycéen éborgné à Tours : un policier mis en examen pour "violences aggravées"
- franceinfo · Lycéen éborgné à Tours : un policier mis en examen pour violences aggravées
- Ouest-France · Lycéen éborgné à Tours : un policier mis en examen pour violences aggravées
- Service Public — Direction de l’information légale et administrative · Mise en examen