Présidentielle 2027 : le sondage Odoxa dessine un duel Le Pen-Mélenchon, sans garantir l’affiche
· Prisme

L’enquête Odoxa-Backbone publiée le 14 octobre place Marine Le Pen largement en tête et Jean-Luc Mélenchon devant Édouard Philippe au premier tour. Mais la deuxième place reste serrée dans cette hypothèse, et les intentions de vote du second tour demeurent marquées par l’indécision. Plusieurs médias rendent compte d’une même enquête, non de sondages indépendants.
Marine Le Pen en tête, Jean-Luc Mélenchon deuxième et Édouard Philippe juste derrière : c’est la configuration qui ressort du sondage Odoxa-Backbone pour Public Sénat, Le Nouvel Obs et la presse régionale, publié le 14 octobre. Sud Ouest, Public Sénat et Le Progrès décrivent la même hypothèse d’un second tour entre la candidate du Rassemblement national et le candidat de La France insoumise. Cette convergence médiatique porte sur une seule enquête : elle ne constitue pas une accumulation de mesures indépendantes. [S1] [S3] [S6] [S8]
Une deuxième place disputée derrière Marine Le Pen
Dans le scénario où Édouard Philippe représente le bloc central, Marine Le Pen recueille 37 % des intentions de vote, Jean-Luc Mélenchon 18 % et le maire du Havre 17 %. Dans celui où Gabriel Attal remplace Édouard Philippe, la candidate du RN atteint 38 %, devant Jean-Luc Mélenchon à 18,5 % et Gabriel Attal à 11 %. Le candidat insoumis arrive donc deuxième dans les deux configurations testées, mais son avance sur Édouard Philippe reste étroite. [S1] [S6]
Public Sénat précise que l’enquête a été réalisée par internet du 24 septembre au 7 octobre 2026 auprès de 12 005 Français représentatifs de la population âgée de 18 ans et plus. Le média indique une marge d’erreur des intentions de vote comprise entre 0,6 et 1,2 point selon le score observé. Ces éléments invitent à ne pas transformer l’écart limité entre Mélenchon et Philippe en qualification acquise. [S6]
Le choix du candidat central modifie également la situation à droite. Bruno Retailleau est crédité de 6,5 % avec Édouard Philippe, contre 9 % avec Gabriel Attal. Raphaël Glucksmann atteint 10,5 % dans cette dernière configuration. Ces résultats décrivent des offres électorales différentes : ils ne permettent pas, à eux seuls, de prévoir les effets d’un retrait ou d’une alliance. [S6]
Au second tour, des rapports de force très différents
Dans l’hypothèse d’un duel Le Pen-Mélenchon, Sud Ouest rapporte 68 % d’intentions de vote pour la candidate du RN contre 32 % pour le candidat de LFI. Une confrontation avec Édouard Philippe serait plus serrée : le maire du Havre obtiendrait 47 %, tout en restant devancé. Le sondage distingue ainsi deux questions : la capacité à accéder au second tour et celle à y rassembler au-delà de son premier électorat. [S1]
Ces chiffres restent assortis d’une réserve importante. Odoxa souligne, selon Sud Ouest, qu’une grande partie des électeurs envisageant de participer au second tour sont encore indécis. La Nouvelle République précise qu’un tiers hésitent sur leur candidat ou envisagent un vote blanc ou nul. Ce groupe ne peut donc pas être présenté comme un réservoir automatiquement disponible pour l’un des prétendants. [S1] [S8]
Les candidats donnent des lectures concurrentes
Le Progrès rapporte la satisfaction de Manuel Bompard, directeur de campagne de Jean-Luc Mélenchon, qui voit dans cette enquête le signe d’une mobilisation favorable, notamment chez les jeunes. À l’inverse, Bruno Retailleau relativise la portée des sondages plusieurs mois avant le scrutin et mise sur la crédibilité de son offre. Ces déclarations expriment des stratégies de campagne, pas des démonstrations de l’issue électorale. [S3]
Public Sénat rapporte aussi l’analyse de Gaël Sliman, d’Odoxa, selon laquelle les difficultés de Bruno Retailleau pourraient favoriser un rapprochement avec Édouard Philippe. Il s’agit d’une interprétation politique attribuée au sondeur, non de l’annonce d’un accord. Rien dans les résultats présentés ne garantit que les électeurs suivraient une éventuelle consigne de leurs responsables politiques. [S6]
Une photographie, pas un choix imposé
Les Dernières Nouvelles d’Alsace apportent un éclairage territorial : Marine Le Pen atteindrait 43 % dans le Grand Est. Ce résultat régional ne doit pas être confondu avec son score national. Il complète le tableau sans modifier la nature de l’enquête, qui mesure des intentions dans des configurations données. [S5]
Enfin, le terrain du sondage précède la victoire de Raphaël Glucksmann à la primaire sociale-démocrate, rapportée par Sud Ouest : il ne mesure donc pas les éventuels effets de ce résultat. Pour les électeurs, la distinction essentielle demeure celle entre une photographie des préférences et un verdict. Ni la répétition d’une même enquête dans plusieurs médias ni les stratégies de « vote utile » ne rendent le duel annoncé inévitable. [S1] [S3] [S6]
Les sources
- Sud Ouest · Présidentielle 2027 : un sondage annonce un duel entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon au second tour
- Le Progrès · Présidentielle 2027. Vers un duel Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon au second tour? Ce que révèle notre sondage
- Dernières Nouvelles d’Alsace · Présidentielle 2027. Marine Le Pen très largement en tête au premier tour dans le Grand Est, selon un sondage
- Public Sénat · Sondage présidentielle 2027 : Jean-Luc Mélenchon passe devant Édouard Philippe au premier tour, le centre cherche son cap
- La Nouvelle République · Présidentielle 2027 : Mélenchon passe devant Philippe au premier tour, Le Pen reste largement favorite, selon le dernier sondage Odoxa