· Prisma sumario
Perquisitions au Parlement européen : l’enquête vise les dépenses de l’ancien groupe du RN
Des bureaux administratifs ont été perquisitionnés le 21 octobre à Strasbourg et à Bruxelles dans une enquête visant Identité et démocratie, l’ancien groupe européen du RN. Les investigations portent sur des soupçons d’utilisation irrégulière de fonds européens entre 2019 et 2024. Les Patriotes affirment que leur groupe et les élus ne sont pas visés par ces perquisitions. [S1] [S3] [S4]

Des perquisitions ont été menées mercredi 21 octobre 2026 au Parlement européen, à Strasbourg et à Bruxelles, dans le cadre d’une enquête du Parquet européen visant l’ancien groupe Identité et démocratie (ID), auquel appartenait le Rassemblement national. Les opérations concernent des bureaux administratifs et le secrétariat général de cet ancien groupe. Les informations publiées par Politico, La Dépêche du Midi et les Dernières Nouvelles d’Alsace convergent sur cet événement et sur son objet : des soupçons d’irrégularités dans l’utilisation de fonds européens. [S1] [S3] [S4]
Des bureaux administratifs, pas une perquisition générale des élus
Politico rapporte que des agents placés sous l’autorité du Parquet européen sont intervenus mercredi matin dans les bureaux des équipes des Patriotes, le groupe auquel appartiennent désormais les élus du RN. Le média précise, sur la foi de deux responsables anonymes, que les locaux du secrétariat général étaient concernés. Jean-Paul Garraud, président de la délégation RN, a également fait état de perquisitions visant les bureaux de collaborateurs de l’ancien groupe ID à Strasbourg. [S1]
Les Patriotes donnent une précision importante sur le périmètre de l’opération : selon un responsable cité par l’AFP, la perquisition vise l’ancien secrétaire général d’ID, et « aucun élu n’est perquisitionné ». Le groupe affirme également ne pas être lui-même visé et soutient qu’il n’existe « aucune continuité juridique » avec ID, dissous en 2024. Ces déclarations constituent la position des Patriotes, non une conclusion judiciaire sur les responsabilités éventuelles. [S3] [S4]
La localisation des recherches dans des locaux aujourd’hui utilisés par les Patriotes et leur rattachement annoncé à la gestion d’ID ne sont donc pas nécessairement contradictoires. Les articles distinguent l’endroit où interviennent les enquêteurs de l’ancien groupe dont les dépenses sont examinées. Cette distinction évite d’attribuer indistinctement les soupçons aux élus ou aux formations qui composent le groupe actuel. [S1] [S3]
Des dons et des contrats au cœur des soupçons
Selon Politico, l’enquête porte sur le budget que le Parlement européen attribue aux groupes politiques pour leurs frais administratifs et opérationnels. Les enquêteurs cherchent notamment à déterminer si ID a effectué des dons irréguliers à des organisations régionales dans plusieurs pays et si des contrats accordés à des entreprises proches du groupe ont contrevenu aux règles d’appel d’offres. [S1]
Le média rapporte qu’en 2025, le service financier du Parlement a relevé 4,3 millions d’euros de dépenses irrégulières entre 2019 et 2024. Toute l’Europe précise que l’enquête a été ouverte en juillet 2025 à partir d’un rapport de la direction des affaires financières. Ce montant renvoie aux dépenses mises en cause par le contrôle financier : il ne doit pas être présenté comme une somme dont le détournement aurait déjà été établi par une condamnation pénale. [S1] [S5]
L’enjeu concret est ainsi l’emploi d’argent européen destiné au fonctionnement parlementaire : à quelles activités a-t-il servi, selon quelles procédures les prestataires ont-ils été choisis et qui a autorisé les paiements ? Les éléments publiés décrivent les catégories de dépenses examinées, mais ne permettent pas encore d’attribuer à chaque personne une décision précise ou une responsabilité pénale établie. [S1] [S3] [S5]
Un lien avec les opérations de juin encore à préciser
La Dépêche et les DNA rappellent que des soupçons concernant les dépenses d’ID durant la législature 2019-2024 avaient déjà conduit, en juin, à des perquisitions dans plusieurs pays européens, dont la France. Toute l’Europe situe cette précédente opération au 30 juin. Toutefois, au moment des publications de La Dépêche et des DNA, le Parquet européen n’avait pas confirmé le rattachement précis des nouvelles opérations à cette séquence d’investigations. [S3] [S4] [S5]
Le Parlement européen indique coopérer avec les autorités compétentes, sans commenter davantage. Jordan Bardella n’a pas souhaité faire de commentaire, selon les DNA. Les informations disponibles ne détaillent ni les documents éventuellement saisis ni les suites judiciaires de ces perquisitions. À ce stade, elles documentent une enquête sur des dépenses et des actes de gestion, sans établir la culpabilité des personnes concernées ni celle de l’ensemble d’un groupe politique. [S1] [S3] [S4]
Fuentes
- Politico EuropePerquisitions au Parlement européen dans une enquête visant l’ancien groupe du RN
- La Dépêche du MidiDétournement de fonds : le Parlement européen perquisitionné dans une enquête contre l'ancien groupe du RN
- Dernières Nouvelles d’AlsaceParlement européen. Des perquisitions à Strasbourg et Bruxelles dans une enquête liée à l'ancien groupe où siégeait le RN et Jordan Bardella
- Toute l’EuropePerquisitions au Parlement européen : l'enquête cible l'ancien groupe où siégeait le Rassemblement national