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Budget 2027 : rejeté par 458 voix à l’Assemblée, le texte initial prend la direction du Sénat
Les députés ont rejeté la partie recettes du budget 2027 par 458 voix contre zéro, avec deux abstentions, entraînant le rejet de l’ensemble du texte en première lecture. Le Sénat doit examiner la version initiale du gouvernement à partir du 20 novembre. Derrière ce vote commun, les désaccords restent entiers sur les impôts, les économies et la trajectoire du déficit. [S1] [S2] [S3]

L’Assemblée nationale a rejeté, mercredi 4 novembre, la partie « recettes » du projet de loi de finances pour 2027 : 458 députés ont voté contre, aucun pour, et deux élus se sont abstenus. Ce rejet entraîne celui de l’ensemble du texte en première lecture, sans examen du volet dépenses dans l’hémicycle. Le Sénat doit désormais reprendre la version initiale du gouvernement, à partir du 20 novembre. [S1] [S2] [S3]
Un vote commun, mais pas un accord politique
L’unanimité concerne les suffrages exprimés, et non l’ensemble des députés : Sud Ouest et France 24 précisent que deux membres du groupe communiste et ultramarin se sont abstenus. Les récits convergent sur le résultat et ses conséquences. CNews situe le rejet dans la nuit de mercredi à jeudi ; LCP le date du mercredi soir. Cette différence de présentation ne change ni le scrutin rapporté ni le texte concerné. [S1] [S2] [S3] [S5]
Ce vote rassemble des motivations opposées. Les oppositions contestent les choix budgétaires de l’exécutif, tandis que ses soutiens refusent une copie profondément transformée par les amendements. Laurent Marcangeli, président du groupe Horizons, estime ainsi que le texte a été « complètement dénaturé ». À gauche, Éric Coquerel, président LFI de la commission des finances, reproche au budget de ne pas répondre aux besoins de la population. Au RN, Jean-Philippe Tanguy met en cause la responsabilité du gouvernement dans la gestion des comptes. Ces critiques ne constituent pas un programme alternatif commun. [S1] [S3]
Des mesures votées, mais pas acquises pour les contribuables
Les députés avaient notamment supprimé des mesures d’économies concernant l’abattement fiscal des retraités et les collectivités, ainsi que la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises. Ils avaient aussi adopté plusieurs propositions distinctes : une taxe dite Zucman sur les multinationales, défendue à gauche, un prêt immobilier à taux zéro pour les jeunes couples porté par le RN, et un renforcement de la taxation des holdings soutenu par le MoDem. Le rejet d’ensemble écarte ces modifications de la version transmise au Sénat. [S1] [S2]
Pour les personnes concernées, la distinction est essentielle : un amendement adopté pendant les débats ne signifie pas qu’un nouvel avantage ou une nouvelle obligation fiscale entre en vigueur. À ce stade, les retraités ne peuvent pas considérer la suppression de la mesure les concernant comme définitivement acquise, pas plus que les jeunes couples ne peuvent tenir le prêt proposé pour un droit ouvert. Le retour au texte gouvernemental laisse ces choix à la suite de la procédure parlementaire. [S1] [S2] [S5]
Le coût des choix budgétaires reste contesté
La version initiale vise un déficit public de 5 % du PIB en 2027, contre 5,4 % escomptés pour 2026, avec quelque 43 milliards d’euros d’économies. Le ministre des Comptes publics, David Amiel, affirme que la version amendée aurait porté le déficit public à 5,9 % du PIB. Il s’agit d’une estimation gouvernementale portant sur un texte rejeté, et non d’un déficit constaté. LCP précise que ce chiffrage est contesté à gauche, notamment par Nicolas Sansu. [S1] [S3] [S5]
Le désaccord porte aussi sur les recettes à comptabiliser. Selon Sud Ouest, des députés de gauche reprochent à l’exécutif d’exclure certaines mesures fiscales adoptées, qu’il juge contraires au droit européen ou aux accords internationaux. Les sources consultées ne permettent pas de trancher ces controverses juridiques et financières ni de chiffrer les conséquences finales pour chaque ménage. Elles montrent toutefois que la répartition de l’effort entre contribuables, entreprises et collectivités reste ouverte. [S1]
Le Sénat, puis la recherche d’une issue en décembre
Matignon renvoie la recherche d’un compromis à l’après-Sénat, en décembre, sur la base du projet initial et du texte que voteront les sénateurs. Aucun accord n’est annoncé à ce stade. Le rejet ne met donc pas fin à l’examen du budget : il déplace la négociation, sans résoudre la question de la majorité nécessaire à son aboutissement. [S1] [S2] [S3]
Plusieurs issues sont évoquées, sans décision annoncée. Le recours au 49.3 exposerait le gouvernement à une motion de censure. LCP rappelle également la possibilité constitutionnelle d’ordonnances si le Parlement ne s’est pas définitivement prononcé dans les soixante-dix jours suivant le dépôt, échéance située au 17 décembre à minuit. Ces scénarios engagent différemment la responsabilité de l’exécutif et le rôle du Parlement ; ils ne doivent pas être présentés comme une adoption déjà acquise du budget. [S3] [S5]
Sources
- Sud OuestBudget de l’État 2027 : l'Assemblée nationale rejette massivement le texte qui est envoyé au Sénat
- CNewsBudget 2027 : l’Assemblée nationale rejette sèchement la première partie consacrée aux recettes de l'État
- France 24L'Assemblée nationale rejette, à l'unanimité, en première lecture le budget de l'État 2027
- LCP – National AssemblyBudget 2027: l'Assemblée rejette à l'unanimité la partie "recettes", le projet de loi de finances va être transmis au Sénat