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Paraguay : Santiago Peña annonce sa démission après l’effondrement de la banque Ueno

Le président paraguayen a annoncé sa démission le 5 novembre, alors que les députés débattaient de sa destitution. La crise de la banque Ueno prive des millions de clients d’accès à leur argent et soulève des questions sur les liens entre pouvoir politique, établissement bancaire et autorité de contrôle. Les modalités de restitution des dépôts restent déterminantes.

Image accompagnant « Crise bancaire au Paraguay : visé par une procédure de destitution, le président Santiago Peña annonce sa démission ».

Santiago Peña, président du Paraguay depuis 2023, a annoncé jeudi 5 novembre 2026 sa démission dans une vidéo, alors que les députés débattaient d’une procédure de destitution. Reuters, repris par le South China Morning Post, Sud Ouest avec l’AFP et le Buenos Aires Herald rapportent le même événement : une crise bancaire devenue crise politique, après le blocage des fonds de millions de clients d’Ueno. Le président invoque la stabilité du pays, la paix sociale et la préservation des institutions démocratiques. [S1] [S3] [S4]

Des comptes bloqués, une autonomie quotidienne amputée

Ueno revendiquait 2,94 millions de clients, selon Sud Ouest. Le Buenos Aires Herald décrit une interruption de l’application, des services bancaires en ligne, des cartes et des retraits aux distributeurs. Pour les personnes dont les revenus et l’épargne étaient concentrés dans cette banque, le problème dépasse donc la crainte de pertes futures : c’est l’accès immédiat à leur propre argent qui a disparu. Le journal mentionne notamment environ 32 000 retraités percevant leurs prestations par cet établissement. [S3] [S4]

Les sources convergent sur cette paralysie, mais leur chronologie diffère. Le Buenos Aires Herald situe la suspension des opérations lundi ; Sud Ouest place l’éclatement de la crise environ quarante-huit heures avant la démission. Reuters et Associated Press situent l’intervention de la Banque centrale mardi 3 novembre. Ces récits ne permettent pas d’assimiler avec certitude les premières perturbations, la suspension des services et la prise de contrôle officielle. [S3] [S4] [S5] [S6]

Selon Associated Press, qui rapporte les constatations de la Banque centrale, des prêts insuffisamment documentés et des dépenses comptabilisées à tort comme des actifs ont été découverts. Après correction des comptes, les fonds propres de la banque seraient tombés sous la moitié du minimum légal. L’intervention vise à transférer des comptes et les actifs encore valorisables vers d’autres établissements, avant de liquider ce qui subsiste. Il s’agit d’un dispositif annoncé, pas de la preuve que tous les déposants ont récupéré leurs fonds. [S6]

Les liens avec le pouvoir au centre des accusations

La pression politique tient notamment aux liens passés de Peña avec le groupe contrôlant Ueno, dont il détenait une participation jusqu’en 2025. Il avait aussi nommé à la tête de la Banque centrale Carlos Carvallo, ancien dirigeant d’Ueno. Reuters rapporte que Carvallo a présenté sa démission mardi, à la demande du président. Ces liens nourrissent les interrogations sur l’indépendance et l’efficacité de la surveillance bancaire ; ils ne constituent pas, à eux seuls, une démonstration de culpabilité pénale. [S4] [S5]

Les parlementaires à l’origine de la procédure reprochent à Peña un mauvais exercice de ses fonctions et un conflit d’intérêts, selon le Buenos Aires Herald. Associated Press rapporte également la perte du soutien de son propre Parti colorado. Dans son allocution, Peña a présenté des excuses sans reconnaître sa responsabilité dans la crise bancaire, et affirmé que la récupération de l’épargne des clients était sa priorité. Les accusations politiques et la position du président restent donc distinctes des responsabilités que pourrait établir la justice. [S4] [S6]

Restituer l’argent, établir les responsabilités

Les conséquences concernent aussi les ressources collectives. Reuters estime qu’Ueno administrait quelque 850 millions de dollars de fonds publics ; Associated Press évoque environ 800 millions de dépôts publics déclarés le mois précédent. Ces montants, aux dates et formulations différentes, ne doivent pas être présentés comme un bilan définitif des pertes. Des fonds liés aux retraites et à la protection sociale figurent parmi les sommes exposées. [S5] [S6]

Avant sa démission, Peña avait annoncé un accord avec des responsables du Congrès pour accélérer un projet autorisant le recours au fonds national de garantie afin de payer les déposants. Associated Press rapporte ensuite que les autorités affirmaient avoir commencé les remboursements et ouvert des comptes dans d’autres banques pour environ 280 000 clients auparavant exclusivement bancarisés chez Ueno. Les informations consultées ne précisent toutefois ni le calendrier de restitution intégrale, ni le reste à charge éventuel, ni les recours individuels disponibles en cas de remboursement incomplet. [S5] [S6]

La contestation s’est également exprimée dans la rue : le Buenos Aires Herald rapporte l’usage de gaz au poivre et de projectiles en caoutchouc par la police contre des manifestants à Asunción mercredi soir. Sur le volet judiciaire, Associated Press fait état de huit hauts dirigeants détenus et de poursuites contre 27 responsables et partenaires commerciaux. Ces procédures ne valent pas condamnation. La démission présidentielle laisse ainsi ouvertes deux questions concrètes : quand chacun pourra retrouver l’usage de ses fonds et quelles responsabilités seront effectivement établies. [S4] [S6]

Sources

  1. South China Morning PostParaguay’s President Pena resigns under mounting pressure from bank collapse
  2. Sud OuestCrise bancaire au Paraguay : visé par une procédure de destitution, le président Santiago Peña annonce sa démission
  3. Buenos Aires HeraldSantiago Peña resigns as president of Paraguay
  4. Reuters / Yahoo FinanceParaguay's central bank chief resigns at president's request as digital lender crisis deepens
  5. Associated Press / Yahoo NewsParaguay President Santiago Peña resigns following bank collapse
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