· Synthèse Prisme NEWS · Mis à jour le 22.10.2026
Prix Sakharov à la CPI : le Parlement européen défie Trump, sans lever les sanctions
Le Parlement européen a attribué le prix Sakharov 2026 à la Cour pénale internationale et à ses personnels. Ce soutien à la justice internationale répond aux pressions de Washington, mais ne protège pas encore concrètement les enquêtes et les employés contre les sanctions américaines. [S20] [S6] [S18]

Le Parlement européen a décerné, jeudi 22 octobre à Strasbourg, le prix Sakharov 2026 pour la liberté de pensée à la Cour pénale internationale (CPI) et à ses personnels. L’annonce de Roberta Metsola, rapportée par RFI, Euronews et la RTBF, est confirmée par le communiqué du Parlement, qui précise le caractère collectif de la distinction. Elle intervient alors que les sanctions américaines menacent le fonctionnement de la juridiction de La Haye. [S3] [S6] [S18] [S20]
Un signal politique au-delà de la gauche
Pour la présidente du Parlement, le prix reconnaît le travail de la Cour en faveur du droit international et de la justice. Ses promoteurs assument également une réponse à Washington : l’eurodéputée socialiste Chloé Ridel y voit un « message d’espoir et de résistance » adressé à Donald Trump. Cette lecture politique doit être distinguée de la portée juridique de la récompense : le communiqué annonçant le prix ne prévoit aucune levée des sanctions. [S6] [S20]
Les chefs des groupes politiques ont départagé trois candidatures : la CPI, l’opposant tanzanien Tundu Lissu et les sœurs iraniennes Taraneh et Romina Rahimi, présentées au nom des personnes persécutées par les autorités iraniennes. Euronews souligne l’élargissement du soutien à la candidature portée par les Socialistes et démocrates. RFI précise que le ralliement du Parti populaire européen, initialement favorable à Tundu Lissu, a fait pencher la balance. Ces récits décrivent des étapes complémentaires du choix, sans établir pour autant une unanimité. [S6] [S3]
Derrière l’institution, des responsabilités individuelles
Établie en 2002 et régie par le Statut de Rome, la CPI enquête et juge, lorsque les conditions sont réunies, des personnes accusées de génocide, de crimes contre l’humanité, de crimes de guerre ou de crime d’agression. Juridiction de dernier recours, elle complète les tribunaux nationaux. Son mandat porte donc sur des responsabilités pénales individuelles, et non sur la culpabilité collective d’une population. [S20] [S21]
La distinction concerne aussi ceux qui permettent à cette justice de fonctionner. Le Parlement indique que la présidente de la CPI et plusieurs juges ont présenté devant ses commissions, en 2025 et 2026, les conséquences des sanctions sur leurs fonctions et leur vie personnelle. Tomoko Akane, présidente de la Cour, dénonce des mesures visant à entraver son mandat judiciaire. [S20] [S18]
RFI et la RTBF évoquent des risques pour le paiement des 900 employés, les déplacements nécessaires aux enquêtes et l’autonomie technologique d’une institution fortement dépendante de Microsoft. Ces conséquences sont formulées au conditionnel : les articles n’établissent ni une interruption générale des salaires ni un arrêt effectif des services numériques. L’enjeu concret est la capacité des personnels à poursuivre leur travail, au-delà de la reconnaissance politique reçue. [S3] [S18]
Washington invoque la souveraineté
Les nouvelles sanctions ont été annoncées le 9 octobre : elles constituent le contexte du prix, non une mesure prise le jour de son attribution. Une note du Parlement publiée le 15 octobre précise qu’elles prévoient notamment le gel des avoirs de la CPI relevant de la juridiction américaine. Elle recensait alors 17 personnes liées à l’institution sous sanctions américaines. [S21]
Washington invoque la défense de sa souveraineté et de ses citoyens, et accuse la Cour de politisation. Euronews rappelle les critiques américaines contre l’enquête concernant les forces américaines en Afghanistan et le mandat d’arrêt visant Benyamin Nétanyahou. La CPI dénonce, à l’inverse, une « attaque contre l’État de droit », tandis que la France demande le retrait des sanctions. Le désaccord concerne la légitimité des poursuites, mais les restrictions peuvent affecter les moyens nécessaires à l’ensemble des activités judiciaires. [S21] [S6] [S19] [S18]
Une protection concrète encore attendue
Des eurodéputés demandent à la Commission européenne d’activer le règlement de blocage pour protéger la Cour contre les effets extraterritoriaux des sanctions. Selon le Parlement, cet instrument permet, dans son champ d’application, de neutraliser certains effets de décisions étrangères dans l’Union et de demander réparation en justice. Le communiqué réitère cette demande sans annoncer son activation pour la CPI. RFI rapporte que Kaja Kallas privilégie, dans un premier temps, le dialogue avec Washington. [S20] [S3]
Euronews relève l’absence de contre-mesures concrètes, tandis que le Parlement rappelle la poursuite du soutien financier européen : aide existante et protection contre les sanctions ne se confondent pas. Doté de 50 000 euros, le prix doit être remis le 16 décembre à Strasbourg, selon la RTS. Il apporte une reconnaissance publique, mais ne garantit à lui seul ni la continuité des enquêtes ni les conditions de travail des personnels. [S6] [S20] [S15]
Les sources
- RFILe Parlement européen décerne le prix Sakharov à la Cour pénale internationale
- EuronewsLe Parlement européen décerne le prix Sakharov à la CPI, un signal face aux sanctions américaines
- RTS InfoLe prix Sakharov décerné à la Cour pénale internationale
- RTBF InfoLe Parlement européen attribue le prix Sakharov à la Cour pénale internationale
- franceinfoLes Etats-Unis imposent des sanctions contre la Cour pénale internationale, l'institution dénonce une "attaque contre l'Etat de droit"
- Parlement européenThe International Criminal Court and its officials awarded the Sakharov Prize
- Parlement européenEU support for the International Criminal Court
- La Libre BelgiqueEn décernant son prix Sakharov à la Cour pénale internationale, le Parlement européen fait un pied de nez à Donald Trump
- MediapartPrix Sakharov décerné à la Cour pénale internationale: «Une victoire» contre Donald Trump
- Le DevoirLe prix Sakharov décerné à la CPI, sous le coup de sanctions américaines
- Sud OuestLe prix Sakharov décerné à la Cour pénale internationale, sous le coup de sanctions américaines
- Le CourrierLe prix Sakharov décerné à la CPI
- Le MondeEn remettant le prix Sakharov à la Cour pénale internationale, le Parlement européen affiche sa fermeté face à Washington
- Blick francophoneLa Cour pénale internationale récompensée par le prix Sakharov
- Dernières Nouvelles d’AlsaceParlement européen. Le prix Sakharov 2026 est décerné à la Cour pénale internationale
- LibérationLe prix Sakharov 2026 attribué à la Cour pénale internationale
- L’ExpressDans le viseur de Donald Trump, la Cour pénale internationale récompensée par l'Union européenne
- LCI"Un message de résistance" : le prix Sakharov 2026 décerné à la Cour pénale internationale, dans le viseur de Trump
- La Libre BelgiqueLe prix Sakharov décerné à la Cour pénale internationale à la Haye : "Un message de résistance envoyé à Donald Trump"
- franceinfoLe prix Sakharov 2026 du Parlement européen est attribué à la Cour pénale internationale
- Le MatinLa Cour pénale internationale reçoit le prix Sakharov