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· Synthèse Prisme NEWS · Mis à jour le 01.11.2026

Trump débouté face au Wall Street Journal : la justice ne tranche pas l’authenticité de la lettre à Epstein

Un juge fédéral a rejeté, le 31 octobre 2026, la plainte modifiée de Donald Trump contre le Wall Street Journal, sans possibilité de la redéposer. Le président n’a pas suffisamment étayé la faute exigée pour poursuivre un média en diffamation lorsqu’on est une personnalité publique. Cette décision n’authentifie pas la lettre contestée. [S9] [S10]

Image accompagnant « États-Unis : la plainte en diffamation de Donald Trump contre le Wall Street Journal rejetée par la justice ».

La justice fédérale américaine a rejeté, samedi 31 octobre 2026, la plainte en diffamation de Donald Trump contre le Wall Street Journal et plusieurs autres défendeurs, dont Rupert Murdoch. Le président réclamait au moins dix milliards de dollars après un article lui attribuant une lettre à caractère sexuel destinée à Jeffrey Epstein en 2003. Sud Ouest, Blick et le Guardian rapportent le même revers judiciaire, précisé par l’ordonnance du juge Darrin P. Gayles, à Miami. [S2] [S8] [S9] [S10]

Un rejet de la plainte, pas une authentification

Le tribunal ne décide pas si Donald Trump a réellement écrit cette lettre. Il juge que sa plainte modifiée ne présente pas d’allégations suffisamment plausibles pour établir que chacun des défendeurs a publié les informations avec l’état d’esprit requis pour engager sa responsabilité. Il ne s’agit donc pas d’un verdict rendu après un procès déterminant l’auteur du document. [S2] [S9] [S10]

Un premier rejet, en avril, avait permis au président de revoir sa plainte. Il en avait déposé une nouvelle version le 27 mai 2026. Cette seconde tentative est rejetée « with prejudice » : la plainte ne peut plus être amendée ni redéposée. Cette portée procédurale est plus précise que la formule selon laquelle Trump aurait simplement « perdu son procès ». [S9] [S10]

Une lettre dont Trump conteste être l’auteur

L’article initial, publié en ligne le 17 juillet 2025, décrivait un album préparé par Ghislaine Maxwell pour le cinquantième anniversaire d’Epstein. Selon le quotidien, une page portant le nom de Donald Trump associait un texte dactylographié, un dessin de femme nue et une signature « Donald ». Avant la publication, Trump avait nié avoir écrit le texte ou réalisé le dessin et dénoncé un faux. Ses démentis figuraient dans l’article. [S8] [S9] [S10]

Un élément supplémentaire est intervenu après l’ouverture du contentieux : le 8 septembre 2025, une commission de la Chambre des représentants a publié des documents transmis par la succession Epstein en réponse à une injonction. L’ordonnance relève que l’album contenait une page correspondant à la description du journal. L’existence de cette page ne résout toutefois pas, à elle seule, la question de son attribution. [S10]

Liberté de la presse et protection de la réputation

Le litige repose sur le critère juridique d’« actual malice ». Pour obtenir réparation, une personnalité publique doit notamment établir que les informations ont été publiées en connaissance de leur fausseté ou malgré de sérieux doutes sur leur véracité. Le journal soutenait que son article était exact et que ses journalistes n’avaient pas agi dans ces conditions. À ce stade, le juge a estimé insuffisantes les allégations permettant de poursuivre l’affaire. [S9] [S10]

Sud Ouest et Blick résument le raisonnement en soulignant l’enquête et la bonne foi du quotidien. Le Guardian et l’ordonnance apportent une précision déterminante : les journalistes avaient sollicité la réaction du président et reproduit ses contestations. Le juge relève aussi que l’article reconnaissait une incertitude sur la préparation de la lettre. Selon son raisonnement, cette présentation permettait aux lecteurs de former leur propre opinion et rendait moins plausible l’accusation d’« actual malice ». [S2] [S8] [S9] [S10]

L’enjeu concret est celui de l’équilibre entre la défense d’une réputation et la liberté d’informer sur une personnalité publique. L’ordonnance rappelle que les coûts et les efforts nécessaires pour se défendre en justice peuvent eux-mêmes décourager l’expression. D’où l’exigence d’allégations plausibles dès le début du contentieux. Cette protection n’exonère pas les journalistes de toute responsabilité : elle impose au plaignant d’étayer la faute reprochée à chaque défendeur. [S10]

Les frais de justice restent en suspens

La décision ne règle pas encore qui supportera les frais et honoraires réclamés par les défendeurs. Le tribunal demande des arguments supplémentaires sur l’application des lois de Floride ou de New York contre les poursuites visant l’expression publique, dites « anti-SLAPP ». Les défendeurs disposent de trente jours pour présenter leur demande. Donald Trump n’est donc pas, à ce stade, condamné par cette ordonnance à rembourser ces dépenses. [S10]

L’équipe juridique du président a déclaré au Guardian qu’elle entendait poursuivre son action, sans préciser dans cette réaction la voie procédurale envisagée. Le résultat établi demeure circonscrit : la plainte modifiée est rejetée sans possibilité de la redéposer, tandis que l’authenticité de la lettre n’est pas tranchée par cette décision. [S9] [S10]

Les sources

  1. Sud OuestÉtats-Unis : la plainte en diffamation de Donald Trump contre le Wall Street Journal rejetée par la justice
  2. Blick francophoneUn juge rejette une plainte de Trump au sujet d'une lettre adressée à Epstein
  3. The GuardianJudge dismisses Trump lawsuit against Wall Street Journal over Epstein birthday letter
  4. Tribunal fédéral du district sud de Floride, via CourtListenerDonald J. Trump v. Dow Jones & Company et al. — Order, document 80, 31 octobre 2026
  5. Al Jazeera EnglishTrump loses legal battle over Epstein-linked Wall Street Journal case
  6. Le MatinDonald Trump débouté face au «Wall Street Journal»
  7. Tribune de GenèveAffaire Epstein: Un juge rejette une plainte de Trump contre le Wall Street Journal
  8. 24 heuresAffaire Epstein: Un juge rejette une plainte de Trump contre le Wall Street Journal
  9. Watson — françaisTrump perd son procès contre le Wall Street Journal
  10. South China Morning PostJudge throws out Trump lawsuit against Wall Street Journal over Epstein birthday letter
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