· Summary Prism · Updated on 28.10.2026
Climat : le Lancet Countdown appelle à reconnaître une « urgence sanitaire mondiale »
Le dixième rapport du Lancet Countdown estime que près de trois millions de décès liés à la chaleur sont attribuables au changement climatique entre 2016 et 2023. Ses auteurs réclament une réponse internationale durable. Les bénéfices des protections sanitaires sont documentés, mais les règles et les obligations du mécanisme proposé restent à définir. [S8] [S10] [S12]
Les effets sanitaires du changement climatique progressent plus vite que les réponses apportées : c’est le constat du dixième rapport du Lancet Countdown, rendu public le 28 octobre 2026. Le Temps, RFI et Euronews rapportent le même appel à reconnaître une « urgence sanitaire mondiale ». Les chercheurs demandent une coordination durable des moyens sanitaires et financiers, et non une succession d’interventions ponctuelles. Il s’agit d’une proposition, pas de l’annonce d’une déclaration officielle de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). [S8] [S10] [S7]
Piloté par University College London, en collaboration avec l’OMS, ce travail rassemble 146 chercheurs et suit 54 indicateurs. Il compare notamment la décennie suivant l’entrée en vigueur de l’accord de Paris, de 2016 à 2025, à la précédente. Selon ses auteurs, plusieurs menaces sanitaires s’accélèrent malgré des bénéfices déjà mesurables de l’action climatique. [S12]
Trois millions de décès : une estimation ciblée
Entre 2016 et 2023, près de trois millions de décès liés à la chaleur seraient attribuables au changement climatique d’origine humaine. Ce chiffre ne représente donc ni tous les décès dus à la chaleur, ni l’ensemble des conséquences mortelles du dérèglement climatique. Pour 2023, le rapport estime à 710 000 les décès associés à la chaleur, dont 71,5 % imputables au réchauffement provoqué par les activités humaines. [S12]
Le Temps évoque « plus des deux tiers » de ces décès et RFI environ 70 % : ces formulations convergent avec le communiqué du Lancet, sans constituer des confirmations scientifiques indépendantes. L’attribution repose sur une comparaison avec un scénario sans changement climatique d’origine humaine, afin d’estimer la mortalité supplémentaire. Elle ne correspond pas à un décompte de certificats identifiant individuellement le climat comme cause de décès. [S8] [S10] [S12]
La limite temporelle compte : selon RFI, 2023 est la dernière année suffisamment documentée pour cet indicateur mondial. Marina Romanello, directrice du Lancet Countdown, anticipe une mortalité plus forte en 2025, mais cette déclaration reste une prévision. Les résultats présentés ne permettent pas encore de dresser ce bilan. [S10]
Travailler, se soigner et se protéger
La chaleur affecte aussi les capacités physiques et mentales, particulièrement dans les métiers exigeants exercés dehors. Le rapport évalue à 1 070 milliards de dollars les pertes de revenus potentiels liées à la réduction de la capacité de travail en 2025. L’agriculture et la construction en représentent respectivement 38 % et 29 %. Il s’agit d’une estimation économique, pas d’une facture directement acquittée par chaque travailleur ou entreprise. [S10] [S12]
Les menaces dépassent les températures : une sécheresse extrême a touché 51,8 % des terres émergées pendant au moins un mois en 2025. Les chercheurs suivent également les précipitations extrêmes et les conditions climatiques favorables à la transmission de la dengue. Ces évolutions concernent aussi la sécurité alimentaire et l’assainissement. [S7] [S12]
Sur le plan de la responsabilité individuelle, ces constats montrent les limites d’une réponse fondée uniquement sur la prudence personnelle : exercer un métier physique en extérieur constitue une contrainte d’exposition réelle. Les protections collectives peuvent aussi renforcer la capacité d’agir. Le rapport relève ainsi que les systèmes d’alerte sanitaire précoce ralentissent l’augmentation des décès liés aux événements météorologiques extrêmes dans les territoires qui en disposent. [S10] [S12]
Des progrès réels, une adaptation incomplète
Les auteurs ne décrivent pas une action entièrement inefficace. Dans au moins 77 pays où la pollution atmosphérique provenant des combustibles fossiles a diminué depuis 2016, un air plus propre permettrait d’éviter environ 323 000 décès par an. Les investissements mondiaux dans les énergies propres ont atteint 2 100 milliards de dollars en 2025. Ces progrès restent toutefois insuffisants face à l’aggravation des risques, estiment-ils. [S12]
Une distinction précise est nécessaire concernant les systèmes de santé. Le Temps écrit que 56 pays les ont adaptés ; le communiqué indique plus exactement que 56 des 194 États membres de l’OMS disposent d’un plan national d’adaptation sanitaire. L’existence d’un plan ne prouve pas son application complète. Le financement et les ressources humaines restent les principaux obstacles recensés. Les auteurs préconisent des financements sanitaires sous forme de dons plutôt que de prêts, pour éviter d’alourdir la dette des bénéficiaires. [S8] [S12]
L’urgence ne définit pas à elle seule les règles
Les chercheurs réclament un nouvel instrument de l’OMS adapté à une crise durable. RFI précise qu’il reviendrait aux États membres de l’ONU de proposer ce mécanisme. Euronews insiste sur l’objectif de responsabilités juridiquement contraignantes et rapporte d’autres recommandations : interdiction des nouvelles explorations et exploitations fossiles, sortie de l’électricité au charbon d’ici 2035 et alimentation majoritairement végétale. Ce sont des orientations proposées, non des obligations nouvellement entrées en vigueur. [S10] [S7] [S12]
Les sources consultées ne détaillent ni les éventuelles contraintes individuelles, ni les recours, ni la répartition complète des coûts du dispositif envisagé. L’enjeu des libertés se situe donc dans sa conception : qui déciderait, sous quel contrôle et avec quelles garanties ? Sur le plan de l’analyse, reconnaître le risque sanitaire ne dispense pas d’évaluer séparément l’efficacité et la proportionnalité de chaque mesure. L’appel à l’urgence ouvre ces arbitrages ; il ne les tranche pas. [S7] [S10] [S12]
Sources
- EuronewsClimate change: health emergency, health risks are indisputable
- Le TempsClimate change must be declared a global health emergency, says a reference report
- RFIClimate change is "a global health emergency", according to The Lancet Countdown report
- Scimex — press release by The LancetCall to declare a global health emergency as drought and heat death rise
- Courrier internationalLe changement climatique doit être reconnu comme une “urgence sanitaire mondiale”
- VertLe changement climatique doit être déclaré «urgence sanitaire mondiale», alertent les scientifiques du Lancet
- Nice-MatinLe changement climatique doit être déclaré « urgence sanitaire mondiale » : ce rapport scientifique de référence appelle les gouvernements à agir vite
- Le Dauphiné libéréCheers. 3 million deaths in 7 years: climate change, "global health emergency" according to report
- Le MondeClimate change: scientific community calls for "global health emergency"
- LCIReference report calls climate change "global health emergency"
- Ouest-FranceClimate change needs to be declared "global health emergency" according to a report
- Libération"Lancet" experts call for recognition of global warming as a global health emergency