· Prisme
Sally Rooney : Faber cesse de fournir ses livres au Royaume-Uni sur fond d’interdiction de Palestine Action
L’éditeur Faber annonce, avec l’accord de Sally Rooney, l’arrêt de l’approvisionnement britannique de ses œuvres, invoquant les risques juridiques liés au financement de Palestine Action par ses droits d’auteur. Les livres numériques ont été retirés, mais les libraires peuvent conserver leurs exemplaires papier en vente, selon la BBC. [S1] [S4]
Faber et Sally Rooney ont annoncé le 14 octobre 2026 que l’éditeur ne fournirait plus les œuvres de la romancière au Royaume-Uni, quel que soit leur format. En cause : son intention de continuer à utiliser ses droits d’auteur pour soutenir Palestine Action, organisation interdite au titre de la législation antiterroriste britannique. Reuters, repris par The Hindu, ABC News Australia et la BBC rapportent la même décision, prise d’un commun accord entre l’autrice et son éditeur. [S1] [S2] [S4]
Un arrêt de l’approvisionnement, pas une disparition immédiate
Une distinction est essentielle pour les lecteurs : les romans ne disparaissent pas tous immédiatement des rayons. Selon la BBC, les éditions numériques ont déjà été retirées de la vente britannique, mais de nombreuses librairies disposent encore d’exemplaires papier. Waterstones a confirmé que Faber ne signalait aucune restriction empêchant les libraires de maintenir leurs stocks existants en rayon. Les titres évoquant des livres désormais impossibles à vendre doivent donc être nuancés par cette précision concrète. [S4]
La décision concerne notamment Normal People, Conversations with Friends et Intermezzo. Faber indique rester l’éditeur de Sally Rooney et poursuivre la vente de ses œuvres dans les autres territoires. Il s’agit ainsi d’un arrêt de la fourniture au marché britannique, et non d’une rupture générale entre l’écrivaine et sa maison d’édition. [S1] [S2] [S4]
Les droits d’auteur au centre du blocage
Faber affirme que la législation britannique crée une situation dans laquelle il ne peut plus reverser à Sally Rooney les revenus britanniques de son travail. L’éditeur estime inacceptable de vendre une œuvre sans pouvoir rémunérer son autrice. Rooney explique, de son côté, que l’exécution de ses contrats de publication pourrait désormais constituer une infraction pénale grave. Les sources rapportent cette appréciation du risque juridique ; elles ne présentent pas de décision judiciaire interdisant expressément ses romans en raison de leur contenu. [S1] [S2] [S4]
Le mécanisme décrit ne tient donc pas simplement à une opinion favorable à la cause palestinienne : il concerne le soutien annoncé à une organisation précisément interdite et l’utilisation envisagée des recettes de ses livres. Rooney avait déjà averti, dans une déclaration soumise à la Haute Cour à l’appui d’un recours contre cette interdiction, que ses choix pourraient entraîner le retrait de ses œuvres du marché britannique. [S1] [S4]
L’écrivaine, qui vit en République d’Irlande, souligne que Palestine Action n’y est pas interdit. Elle assume publiquement ses intentions et leurs conséquences, et confirme son accord à la décision de Faber. Cette différence entre les cadres nationaux place ses choix personnels de financement et ses contrats britanniques dans une tension dont l’éditeur dit ne plus pouvoir gérer les conséquences pénales. [S1] [S2] [S4]
Sécurité publique et liberté d’expression
Palestine Action a été interdit au Royaume-Uni en juillet 2025. Pour justifier cette mesure, le gouvernement britannique invoquait des dégradations graves, des attaques contre des entreprises de défense et des risques pour la sécurité nationale. Dans sa déclaration au Parlement du 23 juin 2025, la ministre de l’Intérieur précisait que la décision visait cette organisation et non les autres mouvements légaux mobilisés sur la Palestine ou le Moyen-Orient. C’est la justification officielle de la mesure, distincte de l’appréciation de sa proportionnalité. [S2] [S6]
Les opposants à l’interdiction dénoncent, eux, ses effets sur l’expression politique. La cofondatrice de Palestine Action, Huda Ammori, présente le retrait des livres comme une nouvelle atteinte à la liberté d’expression, selon la BBC. Cette qualification est une position attribuée : le fait établi est que Faber cesse l’approvisionnement en invoquant l’impossibilité de rémunérer Rooney dans ce contexte juridique. L’effet dépasse néanmoins l’autrice : les lecteurs perdent l’accès aux éditions numériques britanniques et les libraires ne seront plus approvisionnés par son éditeur. [S4]
Un recours encore ouvert
Selon Reuters, la Haute Cour avait donné raison à Huda Ammori en février 2026, avant que la Cour d’appel ne renverse cette décision en juin. La Cour suprême doit examiner un recours en novembre. L’interdiction demeure donc au cœur d’un contentieux dont l’issue n’est pas connue, tandis que la décision éditoriale produit déjà ses effets. [S1] [S2]
Les informations disponibles ne précisent ni une éventuelle date de reprise de l’approvisionnement ni les conditions qui la permettraient. À ce stade, il faut distinguer trois réalités : l’interdiction de Palestine Action, le choix assumé de Rooney de continuer à le soutenir et la décision de Faber de ne plus fournir ses œuvres au Royaume-Uni. Les stocks papier déjà présents restent, selon les précisions obtenues par la BBC, une possibilité d’accès pour les lecteurs. [S1] [S4]
Les sources
- The HinduSally Rooney's books no longer sold in U.K. over support for banned pro-Palestinian group
- ABC News AustraliaSally Rooney pulls books from UK over her support for Palestine Action
- BBC NewsSally Rooney books withdrawn in UK over Palestine Action support
- UK Parliament — HansardPalestine Action: Proscription